C S A P A - CREUSéADD

Centre de Soins d'Accompagnement et de Prévention en Addictologie

Héroïne et Opiacéspavot1

 

Les opiacés regroupent les différents composés de l'opium, substance obtenue à partir du pavot (papaver somniferum) par incision de la capsule.

- Les Alcaloïdes isolés directement de l'opium : morphine et codéine,

- Les composés semi synthétiques développés à partir de ces alcaloïdes : héroïne et buprénorphine,

- Les opioïdes synthétiques (action de type morphinique) : méthadone et propoxyphène.

 

Mécanisme d'action

Agit en se fixant sur des récepteurs connus pour fixer des substances physiologiques spécifiques : les endorphines.

 

Effets recherchésheroine1

  • Euphorie immédiate, avec apaisement, sensation de « bien-être », d'extase. Suivi de somnolence, nausée, vertiges et d'un ralentissement du rythme cardiaque.
  • Anxiolytique puissant, antalgique

 

Quand l'usage se répète, la tolérance au produit s'installe et le plaisir intense des premières expérimentations diminue.

 heroine2La dépendance s'installe rapidement ; en quelques semaines, le consommateur ressent le besoin d'augmenter la quantité et la fréquence des prises.

L'héroïne se présente sous la forme d'une poudre ou de granulés à écraser. Elle peut-être injectée par voie intra - veineuse, mais aussi prisée « sniffée » ou fumée.
Elle est environ deux fois plus puissante que la morphine et traverse plus facilement la barrière hépato - encéphalique.

 

 

3 grandes «  phases » sont généralement décrites par les consommateurs :

La « montée » (effet ressenti quand l'héroïne est injectée ou fumée, mais pas lorsqu'elle est sniffée) : sensation soudaine de chaleur, « montée » très rapide et très brève (5 à 10 s) d'effets physiques et psychiques, qui se produisent au moment où l'héroïne atteint le cerveau.

Le « plateau » : sensation de calme, de stupeur rêveuse, d'apaisement, de diminution des sentiments d'angoisse et d'anxiété qui peut durer 3-4 heures. Ces sensations constituent d'ailleurs à terme l'un des dangers de l'héroïne : la personne a l'impression provisoire quand elle consomme d'aller bien ou mieux, alors qu'en réalité ses conditions de vie (santé, travail, relations familiales et sociales) peuvent se dégrader progressivement.

La « descente » : les effets de l'héroïne disparaissent progressivement et le besoin de dormir se fait sentir. Le retour à l'état « sans produit » peut-être pénible : fatigue, déprime, impression de « gueule de bois ».

L'héroïne induit une dépendance psychique et physique très forte, qui s'installe rapidement et entraîne presque toujours des risques importants de marginalisation sociale.

Mode d'emploi :pavot2

  • Injectée, 1er effet après plus ou moins 20 secondes
  • Sniffée, 1er effet après plus ou moins 5 minutes
  • Fumée, gobée (héroïne, opium), 1er effet après 1 à 2 minutes

Durée des effets

De 4 à 6 heures, quel que soit le mode de prise.

Ressenti des effets

Ils varient selon le mode de prise, le produit, la dose, les caractéristiques de chaque personne (personnalité, humeur, attentes vis-à-vis du produit) et aussi la fréquence de consommation : les effets recherchés lors des premières prises ont tendance à diminuer par la suite, tandis que les effets pénibles et en particulier ceux liés au « manque » ont tendance à augmenter.

Possibles effets indésirablesheroine3

Dès la première prise : ralentissement du rythme respiratoire, cardiaque et de la tension artérielle, vertiges, nausées, vomissements, rétrécissement visible des pupilles, constipation....

Après quelques prises : perturbation des cycles du sommeil, altération de l'appétit, modification du désir sexuel (augmentation ou diminution), perturbation ou arrêt des règles.....

Effets liés « au manque »

L'héroïne provoque rapidement (quelques jours de consommation répétée peuvent suffirent) une très forte dépendance. L'état de « manque », entre deux consommations, a d'importantes répercussions psychologiques (irritabilité, angoisses) et physiques (pouls élevé, éternuements, nez qui coule, larmoiement, sensation de froid intense, nausées, vomissements...).

Risque d'overdose

* Quelle que soit la quantité d'héroïne consommée (même faible).
* Quel que soit le mode de consommation.
* Dès la première fois ou lors d'une reprise de consommation après un sevrage.

Les mélanges « héroïne + cerveau1alcool » ou « héroïne + tranquillisants» favorisent le risque d'overdose.
Les mélanges « héroïne + drogues psychostimulantes » (cocaïne ou amphétamines) accroissent les risques cardiaques.

Risque infectieux

VIH, VHB, VHC.

 

Traitement/Sevrage

Le traitement de substitution aux opiacés (TSO) : Méthadone et Buprénorphine Haut Dosage (Subutex®).
Le TSO permet de supprimer ou de prévenir les signes de manque, sans effets renforçateurs.

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